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Retraites. Une mobilisation à la hausse [Video + Diapo]

8 septembre 2010

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Comme un peu partout en France, les organisations syndicales ont remporté leur pari, hier, à Saint-Brieuc, en attirant environ 15.000 personnes dans les rues. Soit bien davantage que lors de la précédente manifestation contre la réforme des retraites en juin.

S'il y a une information qui fait l'unanimité hier, c'est bien celle-là: il y avait nettement plus de monde dans les rues de Saint-Brieuc ce mardi que lors de la précédente manifestation contre la réforme des retraites, le 24juin. Seulement, à l'heure de chiffrer le nombre de manifestants, syndicats et forces de l'ordre étaient loin d'être d'accord: les premiers annonçant 40.000 participants, les seconds 13.000. Selon toute vraisemblance, ce sont sans doute les policiers des renseignements généraux qui sont les plus proches de la réalité. Reste que les uns et les autres se sont accordés sur la hausse significative du nombre de protestataires par rapport au début de l'été: entre 25% et 30%.

Réforme injuste et inacceptable

Pourtant, à 10h15, en voyant la place de la Liberté clairsemée, il était difficile d'imaginer que les organisations syndicales attireraient autant de monde. Mais les rues adjacentes et les cafés mitoyens étaient déjà noirs de monde lorsqu'Isabelle Doctrinal, de la CFDT, a pris la parole au nom de l'intersyndicale. L'occasion pour elle de réaffirmer son «opposition irréductible au contenu de cette réforme injuste et inacceptable». Fustigeant ensuite un texte qui «ne résout en rien les problèmes de financement», la secrétaire générale de la CFDT 22 a insisté sur la possibilité de faire reculer le gouvernement: «Cette partie-là, nous pouvons la gagner. Alors allons-y avec confiance et avec toute la détermination dont nous savons faire preuve. Nous ferons reculer le gouvernement, comme nous l'avons fait pour le CPE». Il était alors temps d'entamer le défilé jusqu'au Champ-de-Mars.

Le défilé en images

«Incapable de creuser après 60 ans»

Jean-Yves Bourdais, salarié dans les travaux publics: «Je fais un travail pénible et mal rémunéré. J'ai commencé à 14 ans. À 60 ans, je serai incapable de creuser des tranchées comme aujourd'hui, vu la condition physique nécessaire. Dans mon entreprise, nous ne sommes que deux ou trois sur 90 à faire grève. Pour moi, c'est la première fois en 32 ans de boulot. Mais là, c'est parce qu'il faut arrêter les conneries, sinon on ne s'en sortira jamais.» Nathalie, salariée de Saint-Brieuc Mobilité: «Moi, je suis surtout là pour mes enfants. Je ne sais pas à quel âge, eux, pourront partir à la retraite. Avec leurs études, ils vont commencer à travailler tard. Par ailleurs, je ne suis pas totalement opposée au fait de partir à la retraite après 60 ans, mais cela devrait se faire sous la forme du volontariat, avec des aménagements et selon l'état de forme des gens.» Bruno Rannou, en contrat de professionnalisation dans la banque: «La réforme va directement m'impacter. Je viens d'avoir 52 ans. Si on reste sur le système actuel, je pourrai partir en 2018. Mais si la réforme passe, je devrai partir deux ans plus tard. J'ai connu des périodes de chômage, des maladies professionnelles, j'ai dû quitter le monde agricole, faire une reconversion totale vers la banque. Je me sens particulièrement visé.» Laurent Thomas, agent des routes: «Je pense que cette réforme est une régression sociale. Les générations précédentes se sont battues pour obtenir des droits qui se dégradent. Notre pays est plus riche qu'il y a certaines années, mais les richesses sont très mal réparties. De plus, si tout le monde avait du travail, il n'y aurait pas de problème de répartition. C'est aberrant, les seniors sont virés et les jeunes n'ont pas de boulot.» Isabelle Guilloteau, professeur de lettres: «Ce qui est impensable, c'est qu'il y a des gens usés par le travail et des jeunes qui n'ont pas de boulot. Aujourd'hui, je manifeste contre l'absence de projet de société dans notre pays. Pas seulement pour les retraites. Je ne comprends pas que l'on n'écoute pas davantage les propositions alternatives alors que le gouvernement ment en essayant de faire croire qu'il n'y a pas d'autres solutions.» Philippe, électricien: «Il y a un déséquilibre: on fait bosser les vieux et on laisse les jeunes au chômage. C'est aberrant. On profite de la crise pour noircir les choses. Cette réforme n'est pas égalitaire. C'est la première fois que je manifeste, parce que c'est injuste. Bosser plus, pourquoi pas. Mais moi, si je dois faire marcher mon entreprise à plein pot jusqu'à 62 ans, la fin va être dure.»
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