Pizzas. La livraison à domicile séduit
Le nombre de livreurs de pizzas a augmenté depuis cinq ans. Dix livraisons, 70km parcourus, le temps d'une soirée, nous avons suivi Nicolas, livreur depuis deux ans.
«Bonsoir, La Calabraise!». C'est le sourire aux lèvres que Nicolas, 20 ans, arrive chez les clients, leur repas en main. Une responsabilité à ne pas sous-estimer. Cela fait déjà un peu plus de deux ans qu'il exerce cette profession. 20h, le service de «Nico», comme l'appellent son patron et ses collègues, débute. Le temps de poser ses affaires, de préparer une commande, et hop! Nico grimpe sur son scooter pour une première livraison, direction Ploufragan. À «La Calabraise», rue de LaGare, des commandes sont passées depuis la fin d'après-midi. Sur la route, malgré un bon nombre de préjugés sur le sujet, le livreur respecte le code de la route. «De toute façon, le boss a été clair dès le début. Si on transgresse les règles de sécurité routière: on prend la porte!», assure Nico. Et après tout, si ce n'était pas le cas, dans quel état arriveraient nos pizzas?
Coup de bourre
À 21h, c'est le coup de bourre. À peine le temps de faire une petite vaisselle, de préparer un panini en commande, entre deux livraisons, il enfourche sa monture et arpente les rues et boulevards de l'agglomération briochine. Entre la commande et la réception des pizzas, 30 à 45minutes s'écoulent, à raison d'une dizaine de livraisons par soir, pas le temps de flâner, il faut enchaîner! Au total, Nicoparcourt entre 60 et 70km dans la soirée, dans un rayonde8km autour du centre-ville.
«J'avais la flemme!»
La livraison séduit de plus en plus. «Certains soirs, commander une pizza permet de ne pas se préoccuper du repas, note Nathalie, mère de famille. En plus, c'est au goût de tout le monde!» Pour Yahya, Ploufraganais, l'atout de ce service à domicile est ailleurs: «Je rentre du travail, je suis fatigué. Je n'ai plus qu'à me mettre les pieds sous la table. Et puis, je considère aussi que le scooter pollue moins que ma voiture, si je descends en ville». Pratique, écologique, les raisons de préférer la livraison sont nombreuses. Mais souvent, le manque de courage est également de la partie. «Honnêtement, ce soir, j'avais la flemme!», assume Mathieu. Satisfaits, les clients apprécient le côté aimable et souriant de Nico. Pourtant, il n'est «pas toujours au top», comme il dit. Il fait donc valoir la bonne ambiance qui règne à la boutique. «Olivier, notre patron, est très à l'écoute, quand je ne vais pas bien, il le sent, indique-t-il. On en parle, et je suis de suite dans un autre esprit.»
Bien mérité
Ce travail, il l'exerce chaque week-end. Cette année est celle du baccalauréat pour le jeune homme. Pour l'élève en Gestion des milieux naturels et de la faune, être livreur lui permet de financer ses loisirs. «Cet argent, c'est surtout pour mettre de l'essence dans ma moto. Je fais du stunt (discipline acrobatique en moto, NDLR)». Au terme de la soirée, Nico se prépare une pizza et l'emporte. «Il l'a bien mérité», conclut Olivier, gérant de l'établissement. Pratique «La Calabraise», 12, rue de LaGare. Tél.02.96.33.88.34.
Pizzerias : toutes ont des projets de développement
Actuellement en plein essor, le marché briochin de la livraison de pizzas ne compte aujourd'hui pas moins de quatre concurrents, pour au total cinq boutiques. En cinq ans, le marché s'est particulièrement développé avec l'arrivée de grandes chaînes comme «Pizza Sprint» et «Domino's Pizza», ce dernier ayant ouvert en mars.
Pas de frais supplémentaires
En outre, ce boom des livraisons s'explique par une spécialisation des pizzerias. Sur les cinq restaurateurs porteurs de l'offre de «livraison à domicile», seulement deux d'entre eux disposent d'une salle de restauration: «Del Capo», le petit nouveau situé rue de Gouédic, et «Domino's Pizza», rue de Paris. Les deux magasins «Pizza Sprint», rue Dr-Rahuel et boulevard Charner, sur le marché depuis plus de dix ans, et «La Calabraise», située rue de La Gare et présente sur le marché depuis déjà 18 ans, ne proposent que deux modes de consommation: «à emporter» et la livraison. Ce dernier choix est d'autant plus apprécié car il ne comporte pas de frais supplémentaires pour les clients.
Davantage de livreurs
Les restaurants donnent même l'impression de suggérer des offres les moins chères possible. En effet, chacun d'entre eux possède son propre mode de promotion. «Une pizza achetée=une pizza offerte», «une pizza achetée=la deuxième à -50%», «une grande pizza achetée=deux moyennes pizzas offertes», sont des exemples parmi d'autres. Et la liste est loin d'être exhaustive. «Offre valable 7J/7» ou «seulement le mardi» sont encore plus d'offres qui attirent la clientèle. Et ça marche! Sans parler des coupons de réductions offerts à chaque commande, tout cela donne de l'élan au marché... et des idées aux restaurateurs. Par l'intermédiaire de franchises, pour «Del Capo» et «Domino's Pizza», ou en affiliation pour «La Calabraise», à l'image de «Pizza Sprint», toutes les enseignes concurrentes de Saint-Brieuc ont des projets de développement. Des projets qui devraient se concrétiser d'ici huitmois à trois ans. Cet essor se remarque également au niveau du nombre de livreurs. Chaque soir, entre seize et 25scooters serpentent dans les rues de Saint-Brieuc. Et la ville est promise à en accueillir davantage. Pratique «Domino's Pizza», 1, rue de Paris, tél.02.96.61.67.67. «Pizza Sprint», 53, rue Dr-Rahuel, tél.02.96.33.11.33. «Pizza Sprint», 11, bd Charner, tél.02.96.78.78.78.
«Del Capo», le petit nouveau du marché briochin
«Mon grand-père est Sicilien. Quand j'étais môme, c'est lui qui m'apprenait à faire les pizzas et qui m'a donné envie de monter une affaire», explique FekiAymen, cogérant du nouveau restaurant «Del Capo, situé rue de Gouédic».
«J'ai tenté!»
«Pizza-Burger Del Capo» a ouvert ses portes le 30juillet, après huit mois de travaux, entièrement réalisés par son créateur. Avant de venir tenter sa chance à Saint-Brieuc avec sa femme Stéphanie, Feki Aymen avait déjà monté des affaires comme celle-ci dans la capitale. «J'en suis à mon sixième restaurant», assure-t-il. Mais pourquoi Saint-Brieuc? Le pizzaïolo répond simplement: «Lorsque j'ai effectué mon étude de marché, je me suis rendu compte que le bouche-à-oreille fonctionnait à merveille dans le secteur. J'ai tenté!», raconte-t-il. Bon pronostic. Meilleur que la communication et la promotion, qui représentent un investissement conséquent pour une entreprise, le bouche-à-oreille a fait progresser l'activité de sa société, notamment la livraison à domicile. De deux scooters à l'ouverture, FekiAymen est passé à trois et compte en lancer un quatrième sur les routes dès la rentrée. Il a aussi, récemment, introduit une voiture de livraison pour agrandir sa zone de chalandise. Il couvre donc une zone de 10km de rayon autour de la cité briochine. Pratique «Pizza-Burger Del Capo», 34, rue de Gouédic, Saint-Brieuc. Livraisons midi et soir, du lundi au samedi, et le dimanche soir. Tél.02.96.52.65.42.
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